Cette semaine, African Identity pose ses valises à Garango, en plein cœur de la région du Nakambé. Terre d’histoire et de traditions, cette cité aux mille visages révèle ses origines fascinantes, ses richesses naturelles et culturelles, ainsi que des sites touristiques encore méconnus. Suivez-nous dans cette immersion au sein d’une localité où authenticité et héritage africain se côtoient aisément.
L’origine du nom Garango
Garango est une commune urbaine de la province du Boulgou, région du Nakambé au Burkina Faso.
Avant tout, il faut savoir que le nom Garango tire son origine d’une déformation coloniale. Selon Serge Bambara, guide du Palais royal de Garango et du mont Boulgou, l’appellation provient d’un ancien mot prononcé par Barso, l’ancêtre bissa à l’origine du peuplement de la région du Nakambé.

Selon son témoignage, c’est vers 1650 qu’un chasseur Barso serait arrivé sur les terres verdoyantes du mont Boulgou. Séduit par la beauté du lieu, il aurait déclaré : « Gargo », ce qui se traduit « la chasse est finie ». C’est ce mot, transmis et transformé par le colon, qui deviendra Garango, le nom que la ville porte aujourd’hui.
Serge Bambara rappelle que les peuples Bissa, Samo et Gurunsi partagent une ascendance commune. Autrefois unis par le sang, ils se seraient séparés à la suite d’un différend familial, né d’une histoire autour d’une tête de chien.
Selon la tradition orale, le plus jeune frère, après avoir tué son chien, comptait présenter ses excuses à son aîné. Mais un cousin gurunsi, averti de la situation, aurait reçu ce conseil : « Gurins-agô-is », ce qui se traduit littéralement « ramasse et cours ».
De cette expression serait né le nom Gurunsi, qui signifie donc « prends et fuis ».
Cette ancienne fraternité a donné naissance à la fameuse parenté à plaisanterie entre Bissa et Gurunsi, vivante jusqu’à nos jours. Depuis 2008, une journée nationale de la parenté à plaisanterie a été consacrée, et un jardin commémoratif, constitué d’arbres fruitiers, a vu le jour en 2009 pour symboliser cette amitié séculaire.
Le mont Boulgou, un sanctuaire vivant
Le mont Boulgou est bien plus qu’un relief : c’est un lieu sacré, un repère spirituel où convergent chaque année des visiteurs venus du Burkina Faso et d’ailleurs.
Selon la tradition, son caractère sacré remonte à Barso, le chasseur fondateur. Durant ses séjours sur le mont, il dormait à même le sol et observait les animaux sans jamais les tuer. Une nuit, la montagne lui aurait apparu en songe et lui aurait dit :
« Tu es venu vers moi, bien qu’étant chasseur, tu n’as jamais tué un de mes enfants (les animaux). À partir d’aujourd’hui, je te protégerai, toi et ta descendance, pour toujours. »
Depuis lors, les descendants de Barso entretiennent une relation spirituelle avec le mont. Ils y viennent offrir des sacrifices et formuler des vœux de santé, de bonheur ou de prospérité.
Même ceux qui vivent à l’étranger envoient des proches pour recevoir des bénédictions de leur part. Et lorsque leurs souhaits sont exaucés, ils reviennent remercier le mont en accomplissant la promesse faite : souvent, un coq est offert en sacrifice.
Chaque 1er août, un grand rituel collectif réunit les fidèles au sommet du mont Boulgou pour renouveler cette alliance spirituelle.

Les interdits du mont
La sacralité du mont repose aussi sur le respect de ses interdits. Le principal, selon Serge Bambara, est de ne jamais emporter de pierre du site. Ce geste, apparemment anodin, est perçu comme une profanation susceptible d’attirer la malchance
Le mont doit être visité dans le respect et la gratitude, car il demeure un lieu habité par l’esprit des ancêtres.
Garango, la cité de l’arachide
Garango s’est également forgé une identité autour d’un autre symbole : l’arachide. Véritable pilier économique et culturel, cette culture incarne le travail, la solidarité et la prospérité.
L’arachide est omniprésente dans les repas, les cérémonies, les cadeaux, et même dans l’artisanat local. Elle accompagne les habitants à chaque étape de la vie, du mariage aux funérailles.
Les femmes y jouent un rôle essentiel dans la promotion de cette légumineuse; elles cultivent leurs propres champs, assurent la transformation et participent activement à la vie économique.
Au moment de la récolte, la population se rassemble pour le « gala », une journée de travail collectif célébrée dans la joie et la fraternité.
Nourrissante, polyvalente et symbolique, Garango est souvent désigné par cette légumineuse : « La cité de l’arachide ».
Garango, la cité de l’arachide
Garango s’est également forgé une identité autour d’un autre symbole : l’arachide. Véritable pilier économique et culturel, cette culture incarne le travail, la solidarité et la prospérité.
L’arachide est omniprésente dans les repas, les cérémonies, les cadeaux, et même dans l’artisanat local. Elle accompagne les habitants à chaque étape de la vie, du mariage aux funérailles.
Les femmes y jouent un rôle essentiel dans la promotion de cette légumineuse; elles cultivent leurs propres champs, assurent la transformation et participent activement à la vie économique.
Au moment de la récolte, la population se rassemble pour le « gala », une journée de travail collectif célébrée dans la joie et la fraternité.
Nourrissante, polyvalente et symbolique, Garango est souvent désigné par cette légumineuse : « La cité de l’arachide ».

Garango n’est pas qu’une ville : c’est une terre de mémoire vivante, un carrefour d’histoires et de croyances où nature, foi et culture font bon ménage. Du mont Boulgou, gardien des ancêtres, aux champs d’arachide qui nourrissent les familles, tout respire la force d’un peuple enraciné dans sa culture.
Garango, c’est la promesse d’un passé respecté, d’un présent vibrant et d’un avenir fidèle à ses traditions.
Comment oublier le fameux “Boussang Touba” !
Symbole fort de l’identité culturelle, la crêpe bissa, plus connue sous le nom de Boussang Touba, occupe une place de choix dans les habitudes alimentaires du Bissa Kou (le pays bissa).
Ce mets traditionnel se présente sous la forme d’une fine couche de pâte préparée à base de farine de haricot. De forme ronde, cette crêpe se déguste aussi bien chaude que froide. Elle est généralement salée , parfois nature et accompagnée d’un filet d’huile d’arachide.
Consommée comme plat principal ou simplement pour calmer la faim en attendant le repas suivant, cette crêpe pourrait être comparée, en français, à une “crêpe bissa”. En langue bissa, notamment dans le dialecte parlé à Zigla-Polacé, une localité du département de Garango, elle porte un autre nom encore plus évocateur.
C’est d’ailleurs à travers la parenté à plaisanterie qu’elle a gagné son appellation la plus populaire : Boussang Touba, qui signifie “oreilles de Bissa” en mooré. C’est sous ce surnom à la fois affectueux et moqueur qu’elle est aujourd’hui reconnue de tous.












