Au Cameroun, la scène politique est à nouveau sous tension. L’opposant Maurice Kamto critique vivement le projet de révision constitutionnelle récemment porté par le parti au pouvoir. Ce texte prévoit notamment la création d’un poste de vice-président désigné par le chef de l’État.
Pour le leader du MRC, cette initiative s’apparente à une remise en cause des principes démocratiques. Il y voit une tentative de transfert du pouvoir qui dépasserait le cadre administratif pour s’inscrire dans une logique politique et institutionnelle contestable. Certains observateurs évoquent même un « coup d’État constitutionnel », une qualification que Maurice Kamto juge pertinente, estimant que ce projet contrevient aux normes juridiques de l’Union africaine. Il rappelle également que la Constitution camerounaise interdit toute révision portant atteinte aux fondements démocratiques, comme le stipule son article 64.
Selon lui, cette réforme ouvrirait la voie à une forme de gouvernance assimilable à une « monarchie républicaine », où la transmission du pouvoir pourrait devenir héréditaire ou guidée par des logiques de favoritisme.
Dans une déclaration faite vendredi, Maurice Kamto a annoncé le lancement prochain d’une pétition en ligne. L’objectif est de mobiliser les citoyens, au-delà des clivages politiques, afin d’exprimer un rejet massif de ce qu’il considère comme une dérive institutionnelle. Il appelle ainsi le peuple camerounais à faire entendre sa voix et à défendre sa souveraineté dans le choix de ses dirigeants et représentants.
Cette sortie marque un nouvel épisode de confrontation entre l’opposition et le pouvoir en place, dirigé par Paul Biya, récemment investi pour un huitième mandat à l’âge de 93 ans.











