La disparition d’Anicet Ekane, survenue lundi alors qu’il était en détention, a déclenché une vive contestation au Cameroun. Très rapidement, la question des conditions de sa prise en charge et du traitement qui lui a été réservé s’est retrouvée au centre des débats nationaux.
L’opposant de 72 ans souffrait de troubles respiratoires connus, et ses avocats affirment que ses alertes répétées n’ont pas été prises en considération. Pour eux, la priorité n’est plus seulement de comprendre les circonstances du décès, mais de garantir que la vérité puisse être établie à travers un processus irréprochable.
C’est dans ce contexte que la famille a catégoriquement rejeté l’autopsie annoncée par les autorités. Elle considère qu’une procédure initiée par les mêmes services responsables de la détention ne saurait offrir de garanties d’impartialité. Les proches d’Ekane réclament donc une expertise totalement indépendante, menée par des médecins extérieurs à l’appareil étatique.
Pendant ce temps, le corps du défunt reste conservé à la morgue de l’hôpital central de Yaoundé, dans une atmosphère de tension croissante. Les réactions politiques, elles, se multiplient. Le MRC dénonce un acte « mûrement prémédité », tandis que l’UPC-Manidem évoque un « crime d’État », accusant les autorités d’avoir privé l’opposant de soins essentiels, y compris d’oxygène.
Face à ces accusations, le gouvernement adopte une ligne de défense ferme : l’opposant aurait reçu une prise en charge médicale adéquate, et les appels au calme se multiplient du côté officiel.
Mais au-delà des déclarations contradictoires, plusieurs organisations de défense des droits humains insistent désormais sur l’urgence d’une enquête indépendante, seule capable de restaurer la confiance et de répondre aux nombreuses zones d’ombre entourant la disparition de cette figure politique de longue date.











