L’Unité d’enquête spéciale sud-africaine (SIU) a transmis 275 dossiers pénaux à l’autorité nationale des poursuites, dans le cadre d’une vaste affaire de corruption liée à la délivrance de visas. Depuis avril dernier, vingt fonctionnaires du ministère de l’Intérieur ont également été licenciés, selon le ministre Leon Schreiber.
Cette affaire fait suite à une enquête ordonnée par le président Cyril Ramaphosa, portant sur des faits présumés de corruption entre 2004 et 2024, avant l’entrée en fonction de l’actuel gouvernement de coalition. Le rapport évoque un système d’immigration transformé en « véritable marché ».
D’après les conclusions rendues publiques lundi, un petit groupe de fonctionnaires aurait exploité le système pendant des années, en échangeant visas et permis de séjour contre des paiements illégaux. Quatre agents auraient reçu à eux seuls plus de 16 millions de rands (environ un million de dollars) via des dépôts directs sur leurs comptes bancaires.
La SIU affirme que cette corruption était structurée, organisée et délibérée, sapant profondément la confiance du public. Les permis et visas auraient été accordés au plus offrant.
L’enquête révèle également que certaines demandes étaient envoyées via WhatsApp pour obtenir une approbation rapide. Les paiements étaient ensuite transférés, parfois sur les comptes des conjoints des fonctionnaires impliqués. Dans d’autres cas, de l’argent liquide aurait été dissimulé dans les dossiers de demande.
Le système d’immigration sud-africain, encore largement basé sur des procédures papier, est depuis longtemps critiqué pour sa lenteur et sa vulnérabilité aux pratiques frauduleuses. Des demandeurs auraient régulièrement versé des pots-de-vin pour accélérer leurs démarches ou contourner certaines exigences.
Face à ces dérives, le ministre Schreiber affirme vouloir accélérer la numérisation des services, notamment à travers la mise en place d’une plateforme électronique d’autorisation de voyage. Selon lui, seule une réforme structurelle appuyée sur la transformation numérique permettra de mettre un terme durable à la corruption.
Ces scandales, qui touchent plusieurs secteurs de l’administration publique, ont contribué au recul de popularité du parti au pouvoir, l’African National Congress, ces dernières années. Le chef de l’État s’est engagé à plusieurs reprises à intensifier la lutte contre la corruption.










