Une vaste opération coordonnée par INTERPOL entre juillet et octobre a mobilisé douze pays d’Afrique de l’Ouest pour renforcer la sécurité aux frontières. Contrôles intensifs, saisies d’armes et d’explosifs, arrestations de suspects terroristes : le bilan met en lumière l’ampleur des réseaux criminels transnationaux dans la région.
INTERPOL et les services de sécurité de douze pays ouest-africains ont mené une opération frontalière d’envergure baptisée Screen West Africa 2025, destinée à perturber les réseaux criminels transnationaux et à identifier d’éventuels suspects liés au terrorisme. L’action coordonnée a conduit à 62 interpellations et à la découverte de multiples circuits illicites, avec la saisie de quantités significatives d’armes, de stupéfiants et de produits frauduleux.

Sur le terrain, les équipes déployées dans les aéroports, aux frontières terrestres et dans les zones maritimes ont recouru massivement aux outils de vérification d’INTERPOL. Près de 1,7 million de contrôles ont été réalisés en temps réel, une hausse notable par rapport à l’année précédente. Ces vérifications ont généré près de 250 signalements positifs dans les bases de données de l’organisation, dont plusieurs renvoyaient à des notices rouges et bleues.
Arrestations de suspects terroristes
L’opération a conduit à l’arrestation de neuf individus soupçonnés de liens avec des groupes terroristes. Au Burkina Faso, deux hommes recherchés par la Côte d’Ivoire ont été appréhendés : ils sont suspectés d’avoir participé à des attaques meurtrières revendiquées par le JNIM, affilié à Al-Qaida, qui avaient causé la mort de plusieurs membres des forces de sécurité ivoiriennes en 2020. Tous deux faisaient l’objet de notices bleues, destinées à recueillir des informations supplémentaires sur des suspects en cours d’investigation. Une troisième personne liée au terrorisme a également été arrêtée au Burkina Faso à la demande du Togo.
En Mauritanie, six autres suspects ont été interpellés dans le cadre d’une enquête sur une attaque terroriste, ce qui a conduit les autorités à solliciter la publication de nouvelles notices bleues pour poursuivre les investigations.
Lutte contre la traite et contrebande maritime
L’opération a également mis en lumière la diversité des économies criminelles dans la région. Au Ghana, les forces de sécurité ont réussi à secourir 21 victimes de traite humaine, retenues au Nigeria et exploitées dans des escroqueries organisées par des réseaux transnationaux.
En mer, les patrouilles ont repéré plusieurs navires impliqués dans des pratiques frauduleuses, allant du changement répété de pavillon à la désactivation volontaire des systèmes d’identification, en passant par l’utilisation d’identités maritimes falsifiées.
Saisies importantes
Outre les arrestations, l’opération a permis de récupérer un ensemble conséquent de biens illicites. Les forces mobilisées ont mis au jour 17 caches d’armes et de munitions, ainsi que des explosifs comme de la dynamite et des détonateurs. Elles ont également intercepté 136 véhicules volés, plus de 700 kilos de cannabis, des médicaments contrefaits notamment des opioïdes, ainsi que de la fausse monnaie et divers documents frauduleux. Selon INTERPOL, la revente de ces produits constitue une source majeure de financement pour les groupes terroristes et les organisations criminelles opérant dans la région.











