Plus de 200 cas d’accidents rien que pour une seule compagnie de transport en commun entre 2019 à 2026. Ce sont des chiffres qui font froid au dos. C’est un secret de polichinelle, les accidents à répétition des cars sont à prendre à bras le corps. La série noire des accidents impliquant les transports en commun n’est plus une simple fatalité statistique ; c’est une hémorragie nationale qui semble ne jamais vouloir s’arrêter. Ces dernières semaines, l’actualité a été jalonnée de scènes d’horreur. Des bus de transport en commun finissant leur course dans des ravins, des collisions frontales d’une violence inouïe, et des carcasses calcinées qui témoignent de vies fauchées en un instant. A chaque fois qu’un tel drame se produit, ce sont des familles qui sont brisées et un sentiment d’insécurité qui s’installe chez chaque voyageur.
La Responsabilité de compagnies de transport est engagée
Sidkeita se pose bien la question de savoir comment en sommes-nous arrivés là ? et selon mon analyse ; au-delà de l’état des infrastructures, je pointe du doigt les compagnies de transport. Comment peut-on comprendre que malgré les rappels à l’ordre incessants et les cadres réglementaires fixés par les autorités, l’indiscipline règne en maître.
L’une des plus grandes causes demeure la vitesse excessive pour multiplier les rotations. Ils sont nombreux ces compagnies de transport qui exige de leurs personnels une rapidité afin de faire le maximum de voyages. Sidkeita a été sidéré lors de son enquête de savoir que les chauffeurs d’une compagnie de transport de la place sont mis en concurrence moyennant des primes. On a même envie de dire que ces chauffeurs sont prêts à prendre le risque juste pour avoir quelques billets de banque supplémentaires sur leurs salaires au péril de la vie de leurs passagers.
A coté de cette volonté de faire plusieurs rotations, il y a le sommeil sacrifié des chauffeurs, poussés à bout de forces. Sidkeita a recueilli le témoignage d’un passager qui a témoigné avoir lui-même réveiller le chauffeur alors qu’ils étaient sur la route de retour de Koudougou. Plusieurs accidents sont provoqués par la somnolence des chauffeurs qui n’arrivent plus à rester éveillés pendant le trajet.
On n’oublie pas la Maintenance précaire des véhicules qui les transforme en véritable « cercueils roulants » et les Surcharges systématiques pour maximiser le profit.
Toutes ces causes parmi tant d’autres interpellent les responsables de ces compagnies de transport routier sur le sens de la responsabilité et de la protection des passagers. Ces chiffres viennent rappeler une fois de plus que l’on ne saurait prioriser la recherche du gain au détriment de la vie de l’Homme.
Des mesures fortes de l’autorité s’imposent
Face à ce tableau sombre, les discours de compassion et les « journées de deuil » ne suffisent plus. Le temps de la pédagogie est révolu, celui de la répression doit s’imposer. On est bien content de l’aumône et des différents dons de ces responsables de compagnies de transport mais on le sera encore plus s’ils arrivent à respecter les lois dictées en matière de transport en commun.
Face à tout refus de s’aligner, le gouvernement doit assumer ses responsabilités en devenant même un régulateur impitoyable. Ces mesures peuvent aller même jusqu’au retrait définitif des licences pour les compagnies récidivistes, l’installation obligatoire de limiteurs de vitesse et de boîtes noires dans chaque véhicule de transport public et bien évidemment des contrôles techniques rigoureux et indépendants, loin de toute corruption.
Le bitume ne devrait pas être synonyme de deuil, et pourtant, chaque lever de soleil apporte désormais son lot de drames.
Gouverner, c’est protéger. Si les transporteurs refusent de s’amender par civisme, ils doivent y être contraints par la force de la loi. Il est inadmissible que monter dans un bus revienne à risquer sa vie sans être sûr d’en descendre. La rue gronde, et elle attend des actes, pas des condoléances.











