Le ministre de l’Administration territoriale et de la Mobilité, Émile ZERBO, s’est présenté ce lundi 9 février 2026 devant les députés de l’Assemblée législative de transition (ALT). À l’hémicycle, il était question de l’abrogation de la charte des partis et formations politiques, de leur financement public ainsi que du statut de l’opposition, des dispositifs jugés inadaptés au contexte actuel du pays.
À l’issue des échanges, les députés ont adopté à l’unanimité 69 voix pour la loi portant abrogation de l’ensemble des textes encadrant le fonctionnement des partis politiques. Cette décision intervient après la dissolution officielle des formations politiques et marque une nouvelle étape dans la réorganisation du cadre institutionnel. Une orientation que le ministre dit « pleinement assumée » par le gouvernement.

Selon Émile ZERBO, l’objectif de cette réforme est de « remettre à plat le système partisan » en vigueur jusqu’alors. Concernant le devenir des biens appartenant aux partis dissous, le ministre a rappelé que la loi impose à toute formation politique de prévoir la dévolution de son patrimoine en cas de dissolution. « Le décret adopté en Conseil des ministres ne fait qu’appliquer strictement ces dispositions légales », a-t-il précisé.
Le ministre estime par ailleurs que cette décision ne surprend pas la population, notamment dans les zones rurales. À ses yeux, les citoyens ont été témoins, au fil des années, des dérives et des divisions issues du fonctionnement des partis politiques. « Nos populations ne sont pas incultes », a-t-il affirmé, soulignant leur capacité à analyser et juger le système partisan.
Pour les autorités, cette réforme répond à une aspiration populaire et ne soulève pas de préoccupations majeures. Le gouvernement assure toutefois que l’opinion nationale sera informée, le moment venu, des prochaines étapes du processus.

Cette décision fait suite aux travaux de la Commission des affaires générales, institutionnelles et des droits humains (CAGIDH), qui avait organisé un débat général sur la question. Les discussions ont notamment porté sur les précédents historiques, les financements publics accordés aux partis et la gestion de leurs patrimoines. La commission considère cette abrogation comme une étape préalable indispensable à l’élaboration d’un nouveau cadre juridique, destiné à renforcer la cohésion sociale, l’unité nationale et l’efficacité de l’action publique.











