Plusieurs pays africains sont régis par un régime démocratique donnant ainsi l’opportunité aux populations de choisir leur président.
C’est un moment ou la voix du peuple raisonne ou du moins est censé raisonner. Ces moments sont une occasion de célébrer la démocratie et l’expression pacifique de la souveraineté populaire.
Mais bien de fois notamment en Afrique, cette période se détourne de l’objectif de départ, elle se transforme trop souvent en un instant de forte anxiété et de violence. Ce genre de crise n’est pas vraiment nouveau pour le continent africain au regard de plusieurs exemples de pays qui en ont vécu jetant une ombre persistante sur les acquis démocratiques.
EXEMPLES DE PAYS AYANT TRAVERSÉS UNE CRISE POST ELECTORALE
Ce ne sont pas des exemples qui manquent. En effet les urnes ont perdu toutes leurs valeurs dans plusieurs pays africains à des périodes bien déterminées qui s’expliqueraient par des allégations de fraudes, la contestation des résultats et même l’industrialisation des divisions ethniques ou régionales.
A titre illustratif, on peut se rappeler déjà en 2007 au Kenya avec La contestation des résultats par l’opposition après l’élection présidentielle. Cette contestation a déclenché des violences intercommunautaires sans précédent, faisant plus de 1 000 morts et déplaçant des centaines de milliers de personnes.
Trois ans après, de 2010 à 2011, la Côte d’Ivoire plonge dans une crise postélectorale qui fut d’ailleurs l’un des plus dramatiques avec plus de 3 000 personnes décédées. L’ancien président Laurent Gbagbo avait refusé de reconnaître sa défaite face à Alassane Dramane Ouattara qui vient de briguer en 2025 un quatrième mandat.
En République Démocratique du Congo (RDC), il faut noter que les élections sont régulièrement entachées de suspicions de fraudes massives (comme en 2006, 2011 et 2018), engendrant des tensions politiques majeures et une crise de légitimité durable pour les pouvoirs en place.
Les exemples il y’en a tellement que la situation est plus que préoccupante, il y’a également le Cameroun le Zimbabwe), qui illustrent que le processus électoral est moins un mécanisme d’alternance qu’une lutte pour le contrôle des ressources de l’État, exacerbée par le manque de confiance dans les institutions électorales et judiciaires.
QUELLES EN SONT LES CAUSES ?
Les raisons de ces crises post-électorales sont claires et s’expliquent clairement. L’une des plus grandes raisons est la volonté des présidents sortants de s’éterniser au pouvoir.
Il n’est pas nouveau de voir des présidents sortants qui avaient fait de leur palais une cour familiale en s’éternisant plus de 27 ans au pouvoir ou encore des présidents qui refusent l’alternance en se maintenant au pouvoir pendant plus de 43 ans. Suivez mon regard…
Pour ces dirigeants qui refusent l’alternance, l’État est une chasse gardée, et le départ une menace existentielle, souvent par crainte de poursuites judiciaires ou de l’effondrement de réseaux clientélistes. Et ce qui est uniforme à ces pays pour pouvoir s’éterniser au pouvoir, ce n’est ni plus ni moins que la modification de la Constitution.
Si pour lui n’a pas marché, pour d’autres fut un succès, on se rappelle du phénomène des « troisièmes mandats » chez des présidents comme Alpha Condé en Guinée, Pierre Nkurunziza au Burundi (avant son décès) ou plus récemment Alassane Ouattara en Côte d’Ivoire.
A côté de ces « troisièmes mandats » Certains chefs d’État règnent depuis des décennies, verrouillant le système au point de rendre l’alternance impensable. Trois grandes figurent s’illustrent parfaitement en très bon exemple. Je veux parler de Paul Biya au Cameroun (depuis 1982) qui vient de briguer encore un nouveau mandat de 7 ans, Teodoro Obiang Nguema Mbasogo en Guinée Équatoriale (depuis 1979) et Yoweri Museveni en Ouganda (depuis 1986).
IL FAUT IMPERATIVEMENT ROMPRE AVEC CETTE VIOLENCE ?
Pour arriver à mettre fin à cette violence, il est impératif que les africains aillent au-delà de l’organisation des votes, rompre avec le suivisme et se faire entendre et écouter par ces tyrans et monopolisateurs de pouvoir. Il est du devoir de chaque africain de contribuer à la rédaction de l’histoire d’une nouvelle Afrique plus juste, plus alternative. Et pour cela, il faut impérativement refuser les révisions de la constitution permettant à certains dirigeants de s’éterniser au pouvoir.
Le réveil de l’Afrique commence tout d’abord par la rupture des organisations africaines corrompues avec des partis pris et étant des marionnettes du néocolonialisme et de l’impérialisme.
Eviter les crises post électorales, c’est s’assumer pleinement et refuser la manipulation, la corruption, la trahison et promouvoir la bonne gouvernance.
Les mouvements citoyens, comme Y’en a Marre au Sénégal ou le Balai Citoyen au Burkina Faso, sont des contre-pouvoirs essentiels qui ont beaucoup contribué à faire barrière à certaines faussetés gouvernementale et à faire entendre la voix du peuple.
Ce genre de mouvements doit être encouragés dans tous les pays africains, soutenus et protégés pour assurer une veille permanente de la population.
Les africains doivent promouvoir les bonnes alliances véritablement engagées pour la libération totale de l’Afrique comme l’alliance des Etats du Sahel qui une vitrine offerte aux africains.
Il est temps de changer de partition, d’abandonner le refrain de la crise post-électorale pour composer une symphonie de paix et d’alternance.











