La situation reste hostile au Cameroun après la proclamation des résultats des élections du 12 octobre. Paul. BIYA selon les résultats proclamés par le Conseil constitutionnel est déclaré vainqueur de cette élection avec 53,66 % des voix contre 35,19 % pour Issa Tchiroma Bakary, ancien porte-parole du gouvernement qui a démissionné de son poste ministériel en juin.
Ces résultats sont rapidement contestés par Tchiroma qui affirme que le résultat proclamé par le conseil constitutionnel n’est pas celui des urnes qui fait de lui le vainqueur . Dans son premier discours public après la confirmation du Conseil constitutionnel de la victoire de M. Biya, il a insisté sur le résultat du scrutin : « Nous avons remporté cette élection à une large majorité. Cette victoire n’est pas seulement la mienne, elle appartient au peuple camerounais », a-t-il fait comprendre.
Il a lancé un appel aux villes mortes du 3 au 5 novembre. Ce mot d’ordre a été respecté à plus de 80% dans la partie septentrionale du pays , à l’ouest et dans les régions anglophones et unpeu moins à Yaoundé. Certains analystes expliquent cette forte adhésion de la population par le fait que beaucoup de camerounais estiment que la voix des camerounais n’a pas été entendu et continu de suivre des mots d’ordre de Tchiroma. Celui-ci, a appelé ses partisans à rester mobilisés alors qu’un groupe de la société civile dénonçait des morts et des arrestations lors de manifestations dans plusieurs villes.

Sur le nombre de victimes suite aux manifestations, Les autorités camerounaise n’ont fait aucune communication pour le moment mais certaines sources estiment à plus d’une cinquantaine de morts. Selon deux sources des Nations Unies, l’agence Reuters a indiqué que les forces de sécurité camerounaises avaient tiré à balle réelles sur la foule. Elles ajoutent que La majorité des victimes ont été tuées par des coup de feu de la police, mais plusieurs ont succombé aux blessures infligées à coups de matraques et de bâtons.
M. Tchiroma a invité tous ses partisans à suspendre leurs activités et entrer dans un confinement pour soutenir la lutte enclenchée. Depuis le début de cette situation, des camerounais de la diaspora et certains opposants qui ont quitté le pays depuis plusieurs années ont manifesté leur soutien à Issa Tchiroma qualifiant ces élections de crime contre le peuple et un refus d’alternance. Il faut noter que Paul Biya dirige le Cameroun depuis 1982. La victoire annoncée pour le plus vieux dirigeant au monde à 92 ans, a exacerbé les tensions dans ce pays producteur de cacao et de pétrole.
En attendant la suite à donner par l’ancien porte-parole du gouvernement, la prestation de serment de Paul BIYA est prévu se tenir ce jeudi 06 novembre.











