Le port de Morebaya, dans la préfecture de Forécariah, a connu une effervescence particulière ce dimanche 2 novembre 2025. Le Président du Comité stratégique de Simandou, Ministre Directeur de Cabinet à la Présidence, Djiba Diakité, a présidé la cérémonie officielle de réception des deux premiers navires destinés à l’exportation du minerai de fer guinéen.
Aux côtés du Ministre Secrétaire Général de la Présidence, Général Amara Camara, de plusieurs membres du gouvernement, du Comité stratégique et des partenaires industriels, le ministre directeur de cabinet de la présidence de la Guinée Djiba Diakité a salué une étape décisive vers le lancement effectif des exportations avant la fin de l’année.

Une étape historique pour la Guinée
L’arrivée de ces navires symbolise l’aboutissement de plusieurs années de travail, de négociations et de coopération stratégique. Depuis la relance du mégaprojet Simandou en mars 2023, les partenaires publics et privés n’ont ménagé aucun effort pour concrétiser ce rêve industriel selon les autorités guinéenne. Le 22 octobre dernier, la signature des derniers accords sur le transport maritime a permis de finaliser la chaîne logistique.
Les deux premiers navires, baptisés “Köma” du nom du village natal du Président de la République ; Mamadi Doumbouya et “Sanfina”, celui du Président du Comité stratégique Djiba Diakité, ouvrent la voie à une flotte de 23 navires au total. Chacun disposera d’une capacité de 12 000 tonnes de minerai de fer.


Un dispositif logistique sans précédent
Avec la réception de ces navires, le dispositif logistique du projet Simandou atteint sa pleine maturité. Le chemin de fer TransGuinéen, long de 650 km à double voie, et le port ultramoderne de Morebaya sont désormais prêts à entrer en service.
Le port dispose de 30 lignes de contrôle, 16 km de convoyeurs à bande, 4 car dumpers, 6 stacks reclaimers, 4 shiploaders et 16 bâtiments modernes abritant bureaux, logements, cantine, centre de rapports et services de douane.
À terme, 7 000 wagons d’une capacité de 81 tonnes chacun permettront à chaque train d’acheminer jusqu’à 80 000 tonnes de minerai vers le port.

Les partenaires saluent un tournant majeur
Le Directeur général de Rio Tinto Guinée, Aboubacar Koulibaly, a salué “les efforts conjoints de toutes les parties prenantes” et réaffirmé l’engagement de Rio Tinto/Simfer en faveur du contenu local, soulignant la forte implication des travailleurs guinéens.
Du côté du Winning Consortium Simandou (WCS), Wang Zhimeng a déclaré que cette étape “illustre la réussite d’un modèle de coopération internationale et de partenariat mutuellement bénéfique”.

Représentant Baowu Resources West Africa, Jiang Gongyang a pour sa part insisté sur l’importance de cette nouvelle joint-venture maritime, tout en réaffirmant “l’engagement total de Baowu à honorer ses engagements contractuels”.

Une vision industrielle portée par le Chef de l’État
Présent à la cérémonie, le Président du Conseil d’administration de la Compagnie du TransGuinéen (CTG), Mamoudou Nagnalen Barry, a qualifié cette réception de “grand jour pour la Guinée”. Il a salué la vision du Président Mamadi Doumbouya, qui a exigé l’intégration complète de la chaîne logistique dans le projet Simandou.

Le Ministre des Mines et de la Géologie, Bouna Sylla, s’est réjoui de cette avancée majeure, rappelant que le projet est conduit “conformément à la vision du Chef de l’État, réalisant ainsi le rêve des pères fondateurs et du peuple souverain de Guinée”.
Il a annoncé que le chargement et l’expédition des premiers navires interviendront dans les tout prochains jours, précisant que le centre de signalisation est déjà opérationnel et que les locomotives du TransGuinéen sont prêtes à entrer en service.
La Guinée, futur géant du marché mondial du fer
Avec le lancement imminent de l’exportation du minerai de fer de Simandou, la Guinée s’apprête à devenir un acteur majeur du marché mondial du fer, grâce à la haute teneur et à la pureté exceptionnelle de son minerai.
Le TransGuinéen devrait assurer, dans les deux prochaines années, le transport de jusqu’à 120 millions de tonnes de minerai par an, reliant les blocs 1 et 2 (Baowu/WCS) à Kérouané, et les blocs 3 et 4 (Rio Tinto/Chinalco) au port de Morebaya.
Ce projet titanesque s’inscrit dans une logique de développement durable et de transformation locale, conformément à la convention de co-développement. Les études de faisabilité pour la création d’une aciérie nationale devront d’ailleurs être achevées dans un délai de deux ans après la première exportation.











