La situation au Cameroun ces dernières semaines a suscité de vives réactions au sein de l’opinion publique. Le fait le plus marquant a été l’absence prolongée du chef de l’État hors des frontières nationales. Un long séjour qui a, une fois de plus, braqué les projecteurs sur un mode de fonctionnement institutionnel à bout de souffle.
Lun des sujets qui se murmure à haute voix également c’est le train de vie de l’État. Selon certaines sources, des révélations et débats récents sur des dépenses jugées somptuaires, non justifiées ou déconnectées des réalités économiques par le sommet du pouvoir et certains membres du gouvernement passent d’autant plus mal que le quotidien des citoyens qui s’alourdit sous le poids de la vie chère.
Autant de conduite qui interrogent beaucoup de camerounais de l’intérieur comme de l’extérieur. Pour certains parmi eux ,ces épisodes révèlent une fracture plus profonde qui est celle d’une gouvernance grippée par l’inertie administrative et la mauvaise gouvernance.
Pour d’autres , Malgré les promesses d’accélération et les slogans d’émergence, l’appareil d’État camerounais souffre d’une hyper-centralisation maladive. Ce qui remet la question de la décentralisation comme moyen de rapprochement entre l’exécutif et la population. Ce frein est justifié par des réticences bureaucratiques et des transferts de ressources étatiques.
Ce diagnostic peu reluisant explique toujours selon nos sources la peur d’investir des locaux et des étrangers. Ce climat d’incertitude et de lourdeur institutionnelle constitue un signal d’alarme. L’économie moderne exige de la prévisibilité, de la rapidité et de la transparence.
Quand on fait un panorama sur cette nation , force est de reconnaître d’une part qu’il ne manque ni de talents, ni de ressources, ni d’idées. Elle doit cependant aller au delà des réformes cosmétiques si elle veut véritablement emprunter le chemin de l’émergence et faire valoir les compétences de ses fils ; et d’un autre côté , la réduction du train de vie institutionnel, la décentralisation sont des éléments qui doivent être effective . Sans ce sursaut, la mauvaise gestion de l’appareil gouvernemental continuera de mener le navire national vers les récifs du sous-développement.
Pascal KOAMA ( journaliste éditorialiste )











