À l’initiative de la rédaction du journal Le Réveil de l’Afrique, ce reportage s’intéresse à l’état de la voie qui relie l’hôpital protestant Shiphra au début de l’échangeur de Tampouy, à Ouagadougou. Chaussée fortement dégradée, gros trous, circulation difficile, cette route, pourtant très fréquentée, complique quotidiennement la vie des usagers et des riverains. Les usagers et les riverains demandent la réhabilitation de cette voie, devenue difficile à pratiquer, afin de faciliter la circulation et de réduire les risques d’accidents.
Cette voie dessert notamment les quartiers de Tanghin, Tampouy et Somgandé. Le tronçon situé du côté de Tanghin relève de l’arrondissement n°4 de la commune de Ouagadougou, notamment du quartier Tanghin.
Nous sommes sur la voie de Tanghin, qui relie l’échangeur du Nord aux barrages n°2 et n°3 de Tanghin. Le constat est sans appel : la route est difficilement praticable. Les usagers disent souffrir au quotidien du mauvais état de la chaussée.
Pour rejoindre le feu situé au niveau de l’hôpital Shiphra, le trajet ressemble à un véritable parcours du combattant. Qu’ils soient en voiture, à moto, à vélo ou dans les taxis-motos, les usagers doivent redoubler de prudence. Chacun avance presque au pas, en essayant d’éviter les trous et les creux pour arriver à destination sans endommager son engin.

Des nids-de-poule par-ci, de grands trous par-là. Par endroits, les creux en plein milieu de la chaussée rendent la circulation particulièrement difficile. Ce car de transport en commun en fait les frais : son conducteur peine à sortir d’un important creux.

Commerçants, riverains et usagers partagent le même constat et se plaignent de la dégradation de ce tronçon.

Rabiatou WANGRAWA, vendeuse d’arachides installée au bord de la voie, se plaint de la rareté des clients. Pour elle, le mauvais état de la route a fini par décourager une partie des usagers.
« La voie est vraiment en mauvais état. La nuit, personne n’osait emprunter cette voie. Car en plus du mauvais état, les lampadaires ne marchaient pas non plus. Mais maintenant, il y a les lampadaires, mais les usagers ne passent plus par là. Ce qui rend notre marché morose. On espère que les plus hautes autorités verront le cas de cette voie, sinon ce n’est pas bon ».
Même son de cloche chez ces vendeuses de poisson frais, qui ont dû s’installer complètement en dehors de la chaussée pour exercer leur activité plus sereinement. Elles disent avoir été témoins de nombreux accidents, dont certains auraient été mortels.

« Plusieurs fois, on a assisté à des chutes libres dues aux creux qu’il y a au milieu de la route. Un jour, un couple était à moto. Le couple est tombé et la femme était grièvement blessée. Des camions se sont renversés également dans le barrage ici, sous nos yeux. Si vous regardez même dans le barrage, vous verrez les débris de bouteilles et autres. Nous, on voit de tout ici. C’est vraiment grave. Si le gouvernement peut vraiment arranger cette voie, ça sera bien. Même quand l’ambulance passe ici, nous avons de la peine pour le malade qui se trouve à l’intérieur, tellement il y a les secousses ». Ajoutent-elles.
Le constat est le même sur le tronçon qui rejoint le marché dénommé Arbe Yarr.
On distingue difficilement le goudron du bitume.

Selon les riverains, des travaux de réfection ont déjà été entrepris à plusieurs reprises, sans toutefois tenir longtemps. Ils évoquent notamment les eaux de pluie et le passage des gros porteurs parmi les facteurs qui accélèrent la dégradation de la chaussée. Conséquence : les activités commerciales tournent au ralenti, témoignent Ella SORGHO et Lamine ILBOUDO.

« L’état de cette voie nous attriste. Ça ralentit le marché. Vu que les gens ne passent plus ici comme ça, on n’a plus beaucoup de clients. Pourtant on a essayé à plusieurs reprises de la réfectionner. On a acheté du sable essayer de boucher les trous. Mais deux jours après ça s’est de nouveau dégradé ». Indique Ella SORGHO secrétaire dans une boutique à tanghin.

« La voie cause beaucoup de désagréments. Il arrive que des usagers tombent ici. Nous savons que les autorités du pays sont à l’écoute certainement qu’ils prévoient déjà un plan pour sa réhabilitation. Nous à notre niveau nous avons réfectionner cette voie 4 à 5 fois si je ne me trompe pas mais c’est toujours le même constat. Surtout après le passage de gros porteurs bienvenu les nids de poules ».

Harouna GANTAGA, usager de cette route, déplore lui aussi l’état du tronçon, qui, selon lui, se dégrade de jour en jour.
« Cette voie a trop duré aussi, il faut le reconnaître. Il est temps que nos autorités, qui sont constamment à l’écoute des citoyens burkinabè, nous viennent en aide avec la réhabilitation de cette voie. Nous sommes prêts à contribuer s’il le faut », a-t-il conclu.

À écouter les différents témoignages, cette voie a déjà fait des victimes en raison de son état de dégradation. Pour limiter les dégâts et améliorer la circulation, les usagers appellent l’État à la rescousse. Ils sont toutefois conscients que les pouvoirs publics ne peuvent pas tout faire seuls. Ils se disent prêts à accompagner les autorités dans la réhabilitation de cette voie, aussi bien financièrement que par la mise à disposition de ressources humaines.











