La séparation est actée, plus de : « Diomaye moy Sonko, Sonko moy Diomaye ».Ce slogan n’existe plus, s’en est fini, un nouveau parti voit le jour. Pourtant Ce duo inédit, forgé dans l’épreuve et la répression, avait impulsé une nouvelle dynamique au peuple sénégalais qui est celui d’une présidence à deux têtes, débarrassée des ego et uniquement vouée au don de soi.
C’est bien dommage de constater ce divorce consommé avec l’annonce de la création d’une nouvelle formation politique par le président Bassirou Diomaye Faye. Cette rupture vient briser le rêve du peuple sénégalais qui a cru faire l’exception d’autres pays africains mais l’histoire a encore eu raison .
Parlant justement de ce nouveau parti , dans un contexte économique sous tension, où la jeunesse attend des emplois, où le coût de la vie asphyxie les ménages et où les chantiers de la souveraineté réclament une concentration maximale, ce parti est-il le bienvenu ? Mais ce qui est bien, c’est que chacun des deux pourra déroulé son programme et au peuple sénégalais d’en jugé. Bassirou Diomaye Faye doit enfin enfiler le costume de chef d’État sans l’ombre tutélaire de son ancien mentor. Il aura la lourde tâche de prouver qu’il possède une vision, une poigne et une légitimité propres, Ousmane Sonko, libéré de l’exercice du pouvoir exécutif direct ou réaligné dans l’opposition, devra démontrer sa capacité à incarner une alternative pérenne sans s’épuiser dans le rôle du perpétuel opposant.
Malheureusement, le spectacle auquel nous assistons au Sénégal n’a rien de nouveau. On se rappelle de la trahison de Blaise Compaoré face à son compagnon de lutte le Capitaine Thomas Sankara, les duos au sommet finissent presque toujours par se déchirer sur l’autel des ego, du contrôle de l’appareil d’État et des pressions de l’entourage.
Je terminerai en disant qu’il Il est impératif que les choses changent en Afrique. L’exercice du pouvoir ne doit plus être le théâtre de règlements de comptes personnels, mais le lieu exclusif du service public.
Si Diomaye Faye et Ousmane Sonko doivent désormais avancer sur des chemins séparés, vivement que cette compétition se fasse par les idées et les résultats, et non par la destruction des institutions. L’Afrique n’a plus le temps pour les querelles de palais : Tout est urgent.
Pascal KOAMA l’editorialiste











