Un mois après avoir prêté serment pour un troisième mandat, le président centrafricain Faustin-Archange Touadéra a procédé à la formation d’un nouveau gouvernement. La nouvelle équipe réunit 29 ministres, parmi lesquels seulement dix nouveaux visages font leur entrée.
Principale surprise de cette recomposition : le Premier ministre Félix Moloua, qui avait remis sa démission à la mi-mai, a finalement été maintenu à son poste. Le reste du gouvernement reflète une continuité assumée, avec une large majorité de personnalités issues du cercle proche du Mouvement cœurs unis, le parti présidentiel. Parmi les rares nouveaux entrants, Évariste Ngamana hérite du portefeuille de la Communication et des Médias.
Cette nomination s’opère dans une atmosphère politique lourde de tensions. L’opposition refuse de reconnaître la réélection de Touadéra en décembre dernier, qu’elle impute à des fraudes électorales massives. Elle dénonce par ailleurs une mainmise croissante du chef de l’État sur les institutions et appelle à l’organisation d’un dialogue national inclusif.
Le contexte institutionnel est lui aussi fragile. Le nouveau gouvernement entre en fonction alors que le pays attend toujours les résultats définitifs du second tour des élections législatives. Sur les 144 sièges que compte l’Assemblée nationale, seuls 90 députés ont à ce jour été officiellement installés, laissant le parlement dans un état d’incomplétude qui complique la mise en place d’une gouvernance pleinement opérationnelle.











