Apparemment les patrons d’entreprises ne pourront plus abuser des stagiaires hein. Sidkeita dort et se réveille avec une nouvelle, celle que l’Assemblée législative du Peuple (ALP) a adopté, ce mercredi 6 mai dernier, le nouveau Code du travail du Burkina. Parmi les dispositions figurent les nouvelles règles encadrant les stages et les contrats d’apprentissage. Il était vraiment temps.
Pendant trop longtemps, la jeunesse burkinabè a rimé avec variable d’ajustement. Pour de nombreux étudiants et jeunes diplômés, l’entrée dans le monde de l’entreprise s’apparentait à un parcours du combattant, voire à un marché de dupes. Même étant un stagiaire ultra-qualifié, tu es tout simplement livré à des mois de labeur sans la moindre gratification, cantonné à des tâches subalternes, à servir le café, aller chercher les enfants à l’école ou, pire, occupant même parfois un véritable poste de responsabilité sans aucun des droits qui vont avec.
Et les responsables d’entreprise avancent un seul argument : donner de l’expérience aux plus jeunes et cela leur donne le droit de transformer l’apprentissage en une forme d’exploitation moderne.
La réaction tant attendue
Le 6 mai dernier à Ouagadougou, l’Assemblée Législative de Transition (ALT) a marqué un tournant historique en adoptant le tout nouveau Code du travail du Burkina Faso. Ce texte ne se contente pas de dépoussiérer des lois obsolètes ; il apporte un cadre rigoureux, protecteur et inédit pour les stagiaires et les contrats d’apprentissage. En encadrant strictement les durées, les conditions de travail et en posant les bases d’une reconnaissance financière et sociale, cette réforme brise enfin le statut de précarité institutionnalisée dans lequel nos jeunes étaient enfermés. C’est indiscutablement une grande étape de gagner pour la justice sociale et la dignité des travailleurs de demain.
De la loi à la réalité : le défi du suivi
Cependant, l’adoption d’un texte, aussi progressiste soit-il, ne suffit pas à changer les mentalités du jour au lendemain. Le plus dur commence maintenant. Pour que cette victoire ne reste pas une simple déclaration d’intentions sur du papier officiel, le gouvernement doit désormais prendre ses responsabilités.
Les inspections du travail doivent être renforcées et dotées de moyens conséquents pour traquer les récalcitrants. L’exécutif se doit de suivre l’application de cette décision de très près, avec une fermeté exemplaire. Il en va de l’avenir économique de notre nation, mais surtout du bonheur et de la confiance de cette jeunesse. On ne bâtit pas le Burkina Faso de demain en usant les forces de ses enfants ; on le construit en les protégeant et en valorisant leur talent. Le cap est fixé, place aux actes.











