Le gouvernement ivoirien a annoncé, mercredi, la dissolution de la Commission électorale indépendante (CEI), une institution chargée de l’organisation des scrutins depuis près d’un quart de siècle. L’annonce a été faite à l’issue du Conseil des ministres par le porte-parole du gouvernement, Amadou COULIBALY.
Selon ce dernier, cette décision intervient dans un contexte marqué par de nombreuses critiques visant l’organe électoral. Les autorités estiment ainsi nécessaire de mettre en place un nouveau dispositif capable de renforcer la confiance des acteurs politiques et de garantir des élections plus apaisées.
Mise en place en 2001 à la suite de la Constitution ivoirienne du 1er août 2000, la CEI occupait une place centrale dans le processus électoral du pays.
Cette annonce a rapidement suscité des réactions dans la classe politique et au sein de la société civile.
Le président du Front populaire ivoirien (FPI), Pascal Affi N’GUESSAN, s’est félicité de cette dissolution. Sur les réseaux sociaux, il a estimé que cette décision marque la fin d’une institution qu’il jugeait responsable des tensions électorales passées. Il a également appelé à l’ouverture d’un dialogue entre les forces politiques et les organisations de la société civile afin de repenser le système électoral ivoirien.
Du côté de l’Union républicaine pour la démocratie (URD), sa présidente Danielle BONI CLAVERIE a indiqué prendre acte de la décision du gouvernement tout en restant prudente sur la suite. Elle estime qu’il faudra observer la forme que prendra le futur organe électoral et vérifier s’il répond réellement aux attentes de l’opposition en matière de neutralité et de transparence.
Elle a rappelé que plusieurs propositions avaient déjà été faites depuis 2020 pour confier l’organisation des élections à des structures issues de la société civile. Selon elle, ces propositions ont encore été réaffirmées cette année. Danielle BONI CLAVERIE a aussi évoqué des informations circulant autour d’un possible rattachement du futur mécanisme électoral au ministère de l’Intérieur.
Pour Ebrin Yao Rémi, président de la plateforme des 37 organisations de la société civile (Pec-CI), cette dissolution constitue une décision historique. Il affirme que son organisation réclamait depuis longtemps la suppression de la CEI et salue le choix du président Alassane OUATTARA.
D’autres voix se montrent toutefois plus réservées. C’est le cas de Samouka DIABATÉ, membre du Parti africain contre l’injustice (PACI), qui regrette l’absence de concertation avant cette décision. Il rappelle que plusieurs formations politiques avaient participé à la création de l’institution et estime qu’un bilan aurait dû être réalisé avant sa suppression.
Même s’il reconnaît que certains acteurs politiques avaient perdu confiance en la CEI, Samouka DIABATÉ considère néanmoins qu’une alternative crédible devra désormais être trouvée pour préserver la confiance dans le processus électoral ivoirien.











