La hausse vertigineuse des coûts de l’énergie en Égypte pousse les autorités à prendre des mesures drastiques. Désormais, magasins, restaurants et centres commerciaux doivent fermer leurs portes dès 21 heures, une décision entrée en vigueur depuis samedi pour limiter les dépenses énergétiques.
Les chiffres illustrent l’ampleur de la situation : la facture mensuelle est passée de 560 millions à 1,65 milliard de dollars, mettant sous pression l’économie nationale, déjà fragilisée par les répercussions de la guerre au Moyen-Orient.
Dans les rues commerçantes, l’inquiétude est palpable. Les professionnels redoutent des conséquences directes sur leurs activités, notamment dans les secteurs dépendants de la clientèle nocturne.
« Tous les domaines seront affectés, que ce soit la bijouterie, la restauration ou le tourisme. En Égypte, les touristes vivent surtout la nuit. Contrairement à d’autres pays, ils peuvent sortir jusqu’au petit matin », explique Remon Wagieh, propriétaire d’une bijouterie.
Même avec une légère souplesse accordée les jeudis et vendredis où les commerces peuvent rester ouverts jusqu’à 22 heures ; les critiques persistent. Plusieurs commerçants jugent cette mesure inadaptée aux réalités du terrain.
Ahmed Ali, propriétaire de magasin, s’interroge : « Il est souvent 20 heures passées et les touristes continuent d’arriver. Leur laisser à peine une heure avant la fermeture est irréaliste. Cette décision aura un impact sur tout : les salaires, les employés… »
Cette décision s’inscrit dans une série de mesures économiques récentes. Début mars, le gouvernement égyptien avait déjà procédé à une augmentation de 30 % des prix du carburant, en lien avec les perturbations du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz.











