Le Burkina Faso engage une nouvelle réflexion sur la manière de financer son système de santé. Le mercredi 18 mars 2026, à Ouagadougou, le ministère en charge de la Santé a annoncé la tenue du Forum national sur le financement de la santé (FONAFIS 2026), prévu du 25 au 27 mars. L’information a été donnée lors d’une conférence de presse animée par le ministre de la Santé, Robert Lucien Jean Claude KARGOUGOU.
Ce forum se veut un cadre de discussions ouvert, mais surtout orienté vers des décisions concrètes. Plus de 400 participants sont attendus, venant aussi bien de l’administration publique que du monde de la santé, des collectivités territoriales, des partenaires techniques et financiers, de la société civile et du secteur privé.
Durant trois jours, les échanges vont s’articuler autour de plusieurs préoccupations majeures, notamment la question de la souveraineté sanitaire, la mobilisation des ressources internes et la protection des populations face aux dépenses de santé. Au total, 27 sessions thématiques sont annoncées.

L’ambition affichée par les autorités est claire : aller au-delà des débats et parvenir à des engagements précis. Une feuille de route devrait ainsi être dégagée, avec un horizon fixé à 2030. Le pays entend également s’inspirer d’expériences menées ailleurs, notamment au Rwanda, au Ghana, en Thaïlande et au Maroc, tout en tenant compte de ses propres réalités.

Revenant sur la situation du secteur, le ministre KARGOUGOU a salué les progrès enregistrés ces dernières années. Il a notamment évoqué la baisse de la mortalité maternelle, passée de 341 à 198 décès pour 100 000 naissances vivantes entre 2010 et 2021. La mortalité infanto-juvénile a elle aussi reculé, de 129 à 48 décès pour 1 000 naissances vivantes.
Mais malgré ces avancées, des difficultés persistent. Une part importante des dépenses de santé repose encore sur les ménages, à hauteur de 44 %, ce qui expose de nombreuses familles à des charges lourdes. Par ailleurs, le recours aux financements extérieurs reste significatif, représentant environ 21 % des dépenses totales du secteur.
Pour les autorités, ces constats montrent la nécessité d’agir. Le FONAFIS 2026 est ainsi présenté comme une étape importante pour repenser le modèle actuel et poser les bases d’un système de financement plus solide, plus équitable et davantage maîtrisé au niveau national.











