Au Gabon, la suspension des réseaux sociaux qui dure depuis plus de deux semaines provoque une vive contestation. Plusieurs citoyens ont décidé de porter l’affaire devant la justice afin de contester une mesure qu’ils jugent excessive et attentatoire aux libertés.
Parmi les plaignants figure l’opposant et ancien Premier ministre Alain-Claude BILIE-BY-NZE. Celui-ci a saisi en référé le Tribunal de première instance de Libreville pour demander l’examen de la décision. Selon lui, une telle coupure générale des réseaux sociaux constitue une première dans l’histoire récente du pays. Il estime qu’aucun fondement légal ne permet au gouvernement ni à la Haute autorité de la communication (HAC) d’imposer une restriction aussi large et pour une durée indéterminée.

Ancien chef du gouvernement sous les présidences d’Omar BONGO ONDIMBA et d’Ali BONGO ONDIMBA, et Premier ministre au moment du coup d’État du 30 août 2023, BILIE-BY-NZE considère que cette suspension équivaut à une « punition collective ». Il dénonce notamment une décision inédite par son ampleur et par la longueur de sa mise en application.
Avant cette procédure, quatre citoyens gabonais avaient déjà saisi la Cour constitutionnelle la semaine précédente afin de contester la mesure. Pour eux, la suspension généralisée des plateformes sociales constitue une atteinte disproportionnée aux libertés publiques.
L’un des requérants, Cabrel-Jeannis NDOMBA MOUELE, estime que les autorités auraient dû agir de manière plus ciblée. Selon lui, il aurait été préférable d’identifier et de sanctionner les personnes responsables d’éventuelles infractions plutôt que d’imposer une restriction qui touche l’ensemble de la population.
La coupure des réseaux sociaux a été annoncée le 17 février 2026 par la Haute autorité de la communication. L’institution avait alors indiqué que la suspension resterait en vigueur « jusqu’à nouvel ordre ». Les autorités expliquent cette décision par la circulation de contenus susceptibles de menacer la stabilité des institutions et la sécurité nationale.
Dans un entretien accordé le 2 mars au quotidien national L’Union, le président de la HAC, Germain NGOYO MOUSSAVOU, a défendu la position de l’institution. Selon lui, la mesure vise à préserver un espace numérique plus sûr et respectueux des règles.
La justice gabonaise devra désormais trancher sur la légalité de cette décision, alors que le débat sur l’équilibre entre impératifs sécuritaires et respect des libertés numériques prend de plus en plus d’ampleur dans le pays.











