La Guinée a tourné une nouvelle page de son histoire politique ce samedi avec l’investiture officielle du général Mamadi DOUMBOUYA à la tête de l’État. La cérémonie, soigneusement mise en scène, s’est tenue dans un stade flambant neuf de 55 000 places situé en périphérie de Conakry. L’événement a rassemblé plusieurs chefs d’État africains, ainsi que des représentants de la Commission de l’Union africaine et de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), venus témoigner d’un soutien diplomatique qui tranche avec les critiques formulées ces dernières années à l’encontre de la transition guinéenne.

Arrivé au pouvoir à la suite du coup d’État du 5 septembre 2021, Mamadi DOUMBOUYA s’était initialement engagé à ne pas se porter candidat à la présidentielle. Une promesse rapidement remise en question par l’adoption d’une nouvelle Constitution. Ce texte fondamental a notamment levé l’interdiction faite aux militaires de briguer la magistrature suprême et prolongé la durée du mandat présidentiel de cinq à sept ans. Dans ce nouveau cadre institutionnel, le général Doumbouya a remporté l’élection organisée en décembre dernier, un scrutin vivement contesté par une partie de l’opposition.
Depuis, le chef de l’État est régulièrement accusé par ses détracteurs de verrouiller le jeu politique. Arrestations d’opposants, restrictions des manifestations et atteintes aux libertés publiques alimentent un climat de défiance persistant, malgré les discours officiels appelant à l’unité nationale et à la refondation de l’État.

Sur le plan économique, le pouvoir mise largement sur le projet minier de Simandou pour transformer le visage du pays. Ce gigantesque gisement de minerai de fer, considéré comme le plus important au monde, est exploité par un consortium détenu majoritairement par des intérêts chinois. Après des années de reports et de négociations, la production a finalement démarré à la fin de l’année dernière. Les autorités guinéennes y voient un levier stratégique pour créer des milliers d’emplois, attirer des investissements étrangers et financer des secteurs clés comme l’éducation, la santé et les infrastructures.

L’investiture de Mamadi DOUMBOUYA marque ainsi un moment charnière pour la Guinée : entre volonté affichée de développement, contestation politique persistante et attentes sociales immenses, le nouveau président est désormais attendu sur des actes concrets.











