L’Éthiopie a franchi un cap symbolique samedi 10 janvier 2026 avec le lancement officiel d’un chantier hors norme : la construction de ce qui est annoncé comme le plus vaste aéroport d’Afrique. La cérémonie a été présidée par le Premier ministre Aby AHMED, qui voit dans cette infrastructure un pilier central de la stratégie de rayonnement international du pays.
Le futur complexe aéroportuaire sortira de terre à Bishoftu, à environ 40 kilomètres au sud-est d’Addis-Abeba. Prévu sur une emprise de 35 kilomètres carrés, il devra, une fois achevé, accueillir jusqu’à 110 millions de passagers par an. Une capacité qui dépasse largement celle de l’actuel aéroport international de Bole et qui placerait l’Éthiopie parmi les grandes plateformes aériennes mondiales.
Le coût global du projet est estimé à 12,7 milliards de dollars. Son financement repose en partie sur Ethiopian Airlines, véritable fleuron national, soutenue par plusieurs partenaires internationaux. La Banque africaine de développement a déjà validé une enveloppe de 500 millions de dollars, tandis que les autorités poursuivent les discussions avec d’autres bailleurs pour boucler le plan de financement.

Ce chantier titanesque n’est toutefois pas sans conséquences humaines. Selon les chiffres officiels, près de 2 500 agriculteurs ont dû être déplacés pour permettre le lancement des travaux. Les opérations de relogement et d’indemnisation représenteraient un coût avoisinant les 350 millions de dollars.
Le gouvernement éthiopien maintient le cap malgré un environnement sécuritaire fragile, marqué par des tensions persistantes dans plusieurs régions du pays, notamment en Amhara et en Oromia, où se situe Bishoftu. Les autorités estiment que ce projet jouera un rôle clé dans la relance du tourisme, l’intensification des échanges commerciaux et la dynamisation de l’économie nationale.
Fort de plus de 130 millions d’habitants, le pays multiplie depuis plusieurs années les investissements structurants. Entre la mise en service du barrage de la Renaissance et les grands travaux de transformation urbaine à Addis-Abeba, l’exécutif affiche une volonté claire : faire de l’Éthiopie un acteur central des échanges africains et internationaux. Avec ce nouvel aéroport, Addis-Abeba entend s’imposer comme un carrefour stratégique reliant l’Afrique à l’Europe et à l’Asie.











