Après plus de mille jours de guerre, les autorités soudanaises ont officiellement repris leurs quartiers à Khartoum. Dimanche 11 janvier, le gouvernement a marqué son retour dans la capitale, abandonnée depuis les premiers mois du conflit déclenché en avril 2023.

Le Premier ministre Kamel IDRIS a annoncé la relance progressive des services essentiels, notamment les hôpitaux, les écoles ainsi que les réseaux d’eau et d’électricité. Une décision hautement symbolique, près d’un an après la reprise de la ville par les forces loyalistes en mars 2025, qui avaient été contraintes de quitter Khartoum face à l’avancée des Forces de soutien rapide (FSR) au début de la guerre civile.
Sur le terrain, toutefois, la réalité reste sombre. La capitale porte encore les stigmates des combats : bâtiments éventrés, infrastructures hors d’usage, quartiers entiers dévastés. Si plus d’un million d’habitants sont revenus à Khartoum, la majorité des 3,7 millions de personnes ayant fui la ville n’a pas encore pu rentrer. À l’échelle nationale, la crise humanitaire atteint des niveaux alarmants. Plus de 9 millions de Soudanais sont déplacés à l’intérieur du pays et 4,3 millions ont trouvé refuge à l’étranger.
Les violences se poursuivent dans plusieurs régions. Au Kordofan, des villes restent encerclées, tandis que le Darfour continue de subir des frappes de drones et de missiles. Les civils, et en particulier les enfants, demeurent les premières victimes des affrontements. Les femmes et les filles sont confrontées à des violences sexuelles massives et répétées, dans un climat d’impunité généralisée.
La situation alimentaire est tout aussi préoccupante. Plus de 21 millions de personnes souffrent d’insécurité alimentaire, avec un impact particulièrement sévère sur les foyers dirigés par des femmes. L’aide internationale, elle, reste insuffisante : à peine 36 % des 4,2 milliards de dollars nécessaires pour 2025 ont été réunis. Pour l’année 2026, les Nations unies estiment que près de 34 millions de Soudanais auront besoin d’une assistance, même si seuls 20 millions devraient pouvoir être effectivement soutenus.
Malgré ce contexte fragile, Kamel IDRIS a voulu envoyer un message d’espoir en proclamant 2026 « année de la paix », appelant à la reconstruction et au retour progressif à une vie normale dans une capitale meurtrie. Mais le chemin vers la stabilité reste incertain. Dans le sud du pays, au Kordofan, l’alliance entre les FSR et le SPLM-N continue de tenir tête à l’armée régulière.
Le retour du gouvernement à Khartoum marque une étape politique importante, sans pour autant mettre fin à la guerre. La sécurisation du territoire, la protection des civils et l’accès humanitaire demeurent des défis majeurs pour un pays encore profondément fracturé











