Alors que la guerre se prolonge depuis près de trois ans, le Soudan a franchi le 9 janvier 2026 un cap tragique : 1 000 jours de combats. Un conflit qui a engendré la plus grave crise alimentaire actuelle et l’un des déplacements de population les plus massifs jamais enregistrés à l’échelle mondiale.
Les enfants et les femmes figurent parmi les premières victimes de cette guerre. D’après l’UNICEF, près de 5 000 enfants sont contraints de fuir chaque jour depuis le déclenchement des hostilités en avril 2023. La semaine dernière, huit enfants ont perdu la vie lors d’une attaque à Al Obeid, dans le nord du Kordofan. « Beaucoup d’enfants ont été déplacés à plusieurs reprises, poursuivis par la violence partout où ils trouvent refuge », déplore Ricardo Pires, porte-parole de l’UNICEF, soulignant que des millions d’entre eux sont exposés à des violences extrêmes, y compris sexuelles.
Les femmes et les filles subissent également des abus à grande échelle. La violence sexuelle est devenue quasi systémique, exposant environ 12 millions de personnes, majoritairement des femmes, à des risques de violences basées sur le genre. Les foyers dirigés par des femmes sont particulièrement vulnérables : ils sont trois fois plus touchés par l’insécurité alimentaire, et près de 75 % d’entre eux manquent de nourriture.
Sur le plan humanitaire, les chiffres dressent un tableau alarmant. Plus de 21 millions de personnes souffrent d’insécurité alimentaire aiguë, conséquence directe des combats, des sièges et des attaques contre les infrastructures civiles. Dans certaines zones, notamment à Kadugli et Dilling, dans le Kordofan, les populations restent encerclées, sans accès suffisant aux soins, aux marchés ou à l’aide humanitaire.
Le conflit a également provoqué un exode massif. Selon le Bureau de coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA), 9,3 millions de personnes ont été déplacées à l’intérieur du pays, tandis que 4,3 millions ont trouvé refuge à l’étranger, mettant les pays voisins sous une pression considérable. Ceux qui tentent de retourner à Khartoum se heurtent encore à de graves dangers, notamment la présence d’engins explosifs non detonés.
À cette tragédie humaine s’ajoute une grave crise de financement. En 2025, seulement 36 % des 4,2 milliards de dollars requis par l’ONU ont été mobilisés. Pour 2026, l’OCHA prévoit de venir en aide à 20 millions de personnes parmi les 34 millions ayant besoin d’assistance, avec un budget estimé à 2,9 milliards de dollars. « Chaque jour, les civils paient le prix d’un conflit qu’ils n’ont pas choisi », résume Jens Laerke, porte-parole de l’OCHA











