À quelques jours de l’élection présidentielle prévue le 15 janvier 2026, l’Ouganda traverse une période de forte agitation politique. À Kampala, des centaines de manifestants, majoritairement jeunes, ont envahi les rues pour exiger une alternance au sommet de l’État et afficher leur soutien à l’opposant Bobi Wine.
Au cœur de cette mobilisation figure le rejet du long règne de Yoweri Museveni, au pouvoir depuis 1986. À 81 ans, le président sortant brigue un nouveau mandat, une démarche perçue par de nombreux jeunes comme le symbole d’un système figé. « Je n’ai connu aucun autre président que lui. Nous voulons un dirigeant capable de comprendre notre génération », confie Ruth Excellent Mirembe, partisane de Bobi Wine.
Les revendications ne sont toutefois pas uniquement politiques. Les manifestants dénoncent aussi des conditions de vie de plus en plus difficiles, marquées par le chômage, la cherté de la vie et la faiblesse des services sociaux. « Les hôpitaux manquent de médicaments, les écoles sont en difficulté et nos faibles revenus sont lourdement taxés », déplore Conrad Olwenyi, menuisier, exprimant un sentiment largement partagé.
Dans ce climat de tension, Bobi Wine accuse les autorités de multiplier les actes de répression contre ses partisans. Il affirme que plusieurs militants ont été arrêtés arbitrairement ou sont portés disparus. « Des dizaines de nos camarades ont été enlevés, mais nous restons debout. On ne peut pas réduire au silence tout un peuple », a-t-il déclaré.
Ces accusations trouvent un écho auprès d’organisations de défense des droits humains. Amnesty International a récemment signalé des cas d’arrestations arbitraires et de torture imputés aux forces de sécurité ougandaises visant des membres de l’opposition.
À l’approche du scrutin présidentiel, ces manifestations traduisent une aspiration profonde au changement, portée par une jeunesse déterminée à rompre avec plusieurs décennies de gouvernance du même régime.











