Une attaque d’une rare violence a endeuillé l’État du Nigera. Des hommes armés ont pris pour cible un marché très fréquenté, faisant au moins une cinquantaine de morts et plusieurs personnes portées disparues, selon les autorités policières.
Les faits se sont déroulés samedi en fin d’après-midi, aux environs de 16h30, dans le marché de Kasuwan Daji, situé dans le village de Demo. D’après la police, les assaillants qualifiés localement de « bandits » ont envahi les lieux, incendié les étals et emporté d’importantes quantités de vivres.
Des témoins racontent que les attaquants sont arrivés à moto avant de tirer sans distinction sur la foule. Cette offensive s’inscrit dans une vague de violences ayant débuté la veille dans plusieurs localités voisines, notamment Agwarra et Borgu.
Parmi les survivants, Dauda Shakulle, blessé en tentant de fuir, affirme que femmes et enfants ont été directement visés. Il déplore également l’absence des forces de sécurité au moment des faits, alors que les habitants tentaient de retrouver les corps des victimes.
À ce stade, l’armée nigériane n’a pas réagi officiellement à cette nouvelle attaque.
Ce drame survient quelques semaines seulement après l’enlèvement massif de plus de 300 élèves et membres du personnel d’une école catholique dans le même État, un rapt qui s’était conclu par leur libération après près d’un mois de captivité.
Depuis plusieurs mois, le banditisme armé connaît une recrudescence alarmante dans le nord-ouest et le centre du pays. Les groupes armés multiplient les raids meurtriers et les enlèvements dans les zones rurales, mettant en difficulté les forces de sécurité malgré les opérations militaires en cours.
Un autre témoin, Khalid Pissa, indique que les attaques ont également touché les localités voisines de Chukama et Shanga. Selon son estimation, le nombre de morts pourrait avoisiner la quarantaine.










