La Cour des Comptes a rendu, ce jeudi, sa décision dans une affaire de gestion impliquant d’anciens responsables du Centre hospitalier universitaire Yalgado Ouédraogo (CHU-YO). À l’issue d’une enquête couvrant la période allant de janvier 2018 à juin 2019, la juridiction financière a prononcé un verdict nuancé : l’ancien Directeur des marchés publics (DMP), M. G. M., a été relaxé, tandis que l’ancienne Directrice de l’administration et des finances (DAF), Mme O/K H., a été reconnue coupable de faute de gestion et condamnée à une amende de 300 000 FCFA.
Cette procédure fait suite à un rapport de contrôle de l’Autorité supérieure de contrôle d’État et de lutte contre la corruption (ASCE-LC), qui avait mis en évidence des dysfonctionnements dans la passation de certains marchés au sein de l’établissement hospitalier. Sur la base de ces conclusions, le Procureur général près la Cour des Comptes avait saisi la juridiction en septembre 2022.
Concernant M. G. M., poursuivi pour deux griefs, la Cour a estimé que les manquements reprochés ne lui étaient pas imputables. Elle a notamment jugé que l’absence de certaines pièces administratives relevait de la responsabilité des soumissionnaires et non d’un défaut de diligence du DMP. Par ailleurs, les marchés mis en cause figuraient bel et bien dans les plans de passation approuvés, ce qui a conduit la Cour à écarter l’accusation de fractionnement. L’ancien DMP a donc été exonéré de toute responsabilité.
En revanche, Mme O/K H. a été sanctionnée pour avoir conclu 28 marchés, pour un montant global avoisinant 18 millions de FCFA, en recourant à une procédure de demande de cotation jugée irrégulière. La Cour a souligné que la passation des marchés publics ne faisait pas partie de ses attributions, telles que définies par le décret de 2017 régissant ses fonctions.
Les arguments de la défense, invoquant une instruction verbale du Directeur général ainsi qu’un contexte d’urgence, n’ont pas convaincu les juges. Pour la Cour, les faits étaient clairement établis. Elle a rappelé qu’une responsable administrative de ce niveau ne pouvait ignorer les règles encadrant la commande publique.
Mme O/K H. a ainsi été reconnue coupable de faute de gestion et condamnée à une amende de 300 000 FCFA, conformément aux dispositions de la loi organique relative aux lois de finances. La juridiction a précisé que ce montant avait été fixé de manière forfaitaire, l’intéressée n’ayant pas produit ses bulletins de salaire, qui auraient permis de déterminer une sanction proportionnelle à sa rémunération.
Notifié au Contrôleur général d’État le 13 novembre 2025, cet arrêt rappelle avec force l’importance du respect strict des compétences et des procédures dans la gestion des établissements publics de santé. À travers cette décision, la Cour des Comptes et l’ASCE-LC réaffirment que la rigueur administrative demeure un pilier essentiel pour la protection des ressources publiques et le renforcement de la confiance des citoyens dans les institutions hospitalières.











