Le contentieux opposant l’État malien à la multinationale canadienne Barrick Mining Corporation connaît une issue décisive. Les autorités ont décidé de restituer les trois tonnes d’or précédemment saisies, conformément à l’accord conclu entre les deux parties à l’automne dernier.
L’information, révélée par l’agence Reuters, indique que la restitution a été ordonnée par un juge du tribunal du travail de Bamako. Les lingots, issus du complexe aurifère de Loulo-Gounkoto l’un des plus vastes sites miniers d’Afrique avaient été saisis sur décision judiciaire alors que les relations entre Bamako et le groupe minier étaient au plus fort des tensions.
Estimé à près de 400 millions de dollars, l’or est resté sous haute sécurité dans les coffres de la Banque malienne de solidarité (BMS). La restitution, bien que actée, reste encadrée : il revient désormais à Barrick d’organiser le retrait physique du métal précieux, une étape qui marque toutefois une décrispation notable entre les deux parties.
Ce dénouement s’inscrit dans la mise en œuvre de l’accord signé fin novembre, censé mettre un terme à un différend déclenché par un audit du secteur minier. Ce rapport avait fait état d’un manque à gagner d’environ 600 milliards de francs CFA pour l’État malien et renforcé la volonté des autorités de revoir les règles du jeu dans l’exploitation aurifère.
Dans ce contexte, l’adoption d’un nouveau code minier, prévoyant une participation de 35 % de l’État dans les sociétés minières, avait provoqué la suspension des activités de Loulo-Gounkoto par Barrick en janvier. En juin, la justice malienne avait placé le complexe sous administration provisoire, accentuant la crise.
La restitution de l’or saisi, la libération de quatre employés de Barrick Gold et le règlement de 244 milliards de francs CFA apparaissent désormais comme les derniers jalons d’un conflit qui aura duré plus d’un an, aux conséquences économiques, juridiques et politiques majeures pour le Mali.











