Le génocide de 1994 au Rwanda, qui a coûté la vie à plus de 800 000 personnes, majoritairement tutsies, continue de susciter des demandes de justice près de trente ans après les faits. Une nouvelle étape a été franchie avec une plainte déposée en France visant la Banque de France.
Cette action judiciaire a été introduite le 4 décembre, entre les mains du doyen des juges d’instruction du Pôle crimes contre l’humanité du tribunal judiciaire de Paris. Le magistrat devra déterminer si l’institution française a ou non enfreint l’embargo imposé par l’ONU le 17 mai 1994, qui interdisait toute vente ou livraison d’armes au Rwanda en pleine extermination.
Le collectif des parties civiles pour le Rwanda accuse la Banque de France d’avoir laissé passer, à l’époque, plusieurs virements bancaires susceptibles d’avoir servi à l’achat d’armes utilisées pendant les massacres. Selon la plainte, les comptes de la Banque nationale du Rwanda auraient dû être gelés, ce qui n’aurait pas été pleinement appliqué.
Face à ces accusations, la Banque de France affirme qu’aucune trace des transactions incriminées n’a été retrouvée dans ses premières recherches, tout en disant coopérer avec la justice.
Ce dépôt de plainte s’inscrit dans la longue quête de vérité autour des responsabilités internationales dans le déroulement du génocide rwandais, un dossier qui continue de rejaillir régulièrement dans le débat public.











