Alger est, depuis ce dimanche 30 novembre, le point de convergence de responsables politiques, d’experts et de représentants de la diaspora venus d’Afrique et des Caraïbes. Tous participent à une rencontre internationale consacrée à un sujet encore brûlant : la reconnaissance des crimes coloniaux et les mécanismes de réparation. Les travaux se poursuivent jusqu’à ce lundi.
Placée sous l’égide de l’Union africaine, cette rencontre rassemble ministres, diplomates, historiens et juristes autour d’une préoccupation commune : comment traduire en actions concrètes les revendications de justice historique ? Le thème retenu pour cette édition est : « Justice pour les Africains et les personnes d’ascendance africaine à travers les réparations ».
L’accueil de l’événement en Algérie est lourd de symboles. Le pays, profondément marqué par plus d’un siècle de colonisation française, porte encore les stigmates de cette période. Les tensions diplomatiques récurrentes entre Alger et Paris montrent d’ailleurs combien le passé continue d’influencer le présent.
Au cours de la cérémonie d’ouverture, le ministre algérien des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, a appelé à des compensations et à la restitution des biens spoliés durant la période coloniale. Il a insisté sur la nécessité de mettre en place un cadre juridique clair, permettant une restitution « juste » et dénuée de toute notion de faveur.
La conférence s’inscrit également dans la continuité de l’histoire militante de l’Algérie. Dans les années 1960, le pays était devenu un refuge et un soutien pour plusieurs mouvements de libération du continent africain, renforçant son rôle de porte-voix des peuples victimes de domination étrangère.
À travers cette rencontre, les participants entendent définir une approche commune pour avancer vers une justice réparatrice, attendue depuis des décennies par les descendants des peuples colonisés.











