Dans lโhistoire africaine, certaines voix ne sโรฉteignent jamais. Elles dรฉpassent les frontiรจres, les รฉpoques, les silences. Parmi elles, brille celle dโune femme dont la plume a dรฉfendu des millions : Mariama Bรข, lโรฉcrivaine sรฉnรฉgalaise qui a transformรฉ la littรฉrature et portรฉ haut la dignitรฉ de la femme africaine.
Aujourdโhui, elle est mon Succรจs Stories, parce que son message continue dโรฉclairer nos consciences, et son hรฉritage inspire encore les combats les plus nobles : lโรฉducation, la justice, la libertรฉ.
๐๐ง๐ ๐ฏ๐ข๐ ๐๐๐ฬง๐จ๐ง๐ง๐ฬ๐ ๐ฉ๐๐ซ ๐ฅโ๐ฬ๐๐ฎ๐๐๐ญ๐ข๐จ๐ง, ๐ฅ๐ ๐๐ข๐ฌ๐๐ข๐ฉ๐ฅ๐ข๐ง๐ ๐๐ญ ๐ฅโ๐ฬ๐ฏ๐๐ข๐ฅ ๐๐ฎ ๐ซ๐๐ ๐๐ซ๐
Nรฉe le 17 avril 1929 ร Dakar, dans une famille musulmane traditionnelle, Mariama Bรข perd sa mรจre trรจs tรดt et grandit chez ses grands-parents. Son pรจre, haut fonctionnaire sรฉnรฉgalais, insista pour quโelle frรฉquente lโรฉcole une chance rare pour une fille ร cette รฉpoque. Dรจs son jeune รขge, elle comprend la puissance de lโรฉducation.
Elle dira plus tard : ยซ Lโรฉcole doit รชtre un lieu oรน lโon apprend ร รชtre libre. ยป
En 1943, elle entre ร lโรcole Normale de Rufisque et devient institutrice. Pendant plus de dix ans, elle enseigne, observe, รฉcoute, analyse la sociรฉtรฉ sรฉnรฉgalaise. Les dรฉfis des femmes, les injustices visibles et invisibles, les traditions parfois dรฉformรฉes deviennent le terreau de sa rรฉflexion.
๐๐ ๐ฉ๐ฅ๐ฎ๐ฆ๐ ๐๐จ๐ฆ๐ฆ๐ ๐๐ซ๐ฆ๐ : ๐ฬ๐๐ซ๐ข๐ซ๐ ๐ฉ๐จ๐ฎ๐ซ ๐๐ซ๐ข๐ฌ๐๐ซ ๐ฅ๐๐ฌ ๐ฌ๐ข๐ฅ๐๐ง๐๐๐ฌ
โUNE SI LONGUE LETTREโ (1979)

Son premier roman est un choc. Un cri retenu, une blessure exprimรฉe avec รฉlรฉgance, une luciditรฉ รฉclatante sur la condition fรฉminine. ร travers Ramatoulaye et Aรฏssatou, Mariama Bรข explore la polygamie, les sacrifices, les dรฉsillusions, la force intรฉrieure et la dignitรฉ des femmes africaines.
Elle รฉcrit avec finesse, mais sans dรฉtour. Elle dรฉvoile ce qui รฉtait tu. Elle donne une voix ร celles quโon ne voulait pas entendre. Elle รฉcrit : ยซ La dignitรฉ de la femme ne se marchande pas, elle se conquiert. ยป
Ce roman devient immรฉdiatement un classique africain, rรฉcompensรฉ par le Prix Noma, รฉtudiรฉ partout dans le monde, traduit en plus de vingt langues.
โUN CHANT รCARLATEโ (1981)

Son deuxiรจme roman, publiรฉ aprรจs sa mort, attaque un autre tabou : lโamour inter-culturel et les dรฉfis identitaires dans une Afrique post-coloniale. Elle y expose les illusions, les confrontations, les blessures de deux mondes qui sโaiment mais ne se comprennent pas toujours. Dans cette ลuvre, elle rappelle la fragilitรฉ du cลur humain et la force des prรฉjugรฉs culturels. Elle dira : ยซ Les traditions doivent vivre, mais jamais au dรฉtriment de la justice. ยป
๐ ๐๐ฆ๐ฆ๐ ๐๐ง๐ ๐๐ ๐ฬ๐, ๐ฆ๐ข๐ฅ๐ข๐ญ๐๐ง๐ญ๐ ๐๐ข๐ฌ๐๐ซ๐ฬ๐ญ๐ ๐ฆ๐๐ข๐ฌ ๐ฉ๐ฎ๐ข๐ฌ๐ฌ๐๐ง๐ญ๐
Au-delร de ses romans, Mariama Bรข est une militante :
- active dans des associations fรฉminines,
- engagรฉe dans la rรฉforme sociale,
- dรฉfenseuse inlassable de lโรฉducation des filles,
- voix influente dans la presse sรฉnรฉgalaise.
Elle nโรฉtait pas une activiste bruyante ; elle รฉtait une activiste profonde; calme, dรฉterminรฉe, irrรฉmรฉdiablement juste. Pour elle, la libertรฉ ne pouvait exister sans lโinstruction. Elle affirmait : ยซ รduquer une femme, cโest รฉduquer une nation. ยป . Cette phrase est aujourdโhui encore un รฉtendard pour des millions de femmes ร travers lโAfrique.
๐๐ ๐ฆ๐จ๐ซ๐ญโฆ ๐ฆ๐๐ข๐ฌ ๐ฃ๐๐ฆ๐๐ข๐ฌ ๐ฅ๐ ๐๐ข๐ง ๐๐ ๐ฌ๐จ๐ง ๐ข๐ง๐๐ฅ๐ฎ๐๐ง๐๐
Mariama Bรข sโรฉteint le 17 aoรปt 1981, ร lโรขge de 52 ans, emportรฉe par la maladie. Mais une grande vรฉritรฉ demeure : les รฉcrivains ne meurent jamais. Ses mots vivent dans les salles de classe, dans les dissertations, dans les dรฉbats sur le fรฉminisme africain, dans les cลurs des femmes qui se reconnaissent en elle.
- Des รฉcoles portent son nom;
- Des gรฉnรฉrations sโinspirent de son courage;
- Ses livres sont toujours parmi les ลuvres littรฉraires africaines les plus lues au monde.
Son hรฉritage est un hรฉritage de lumiรจre : ยซ Je refuse lโinjustice, mรชme lorsquโelle se cache derriรจre la tradition. ยป

๐๐จ๐ฎ๐ซ๐ช๐ฎ๐จ๐ข ๐๐๐ซ๐ข๐๐ฆ๐ ๐๐ฬ ๐๐ฌ๐ญ ๐ฆ๐จ๐ง ๐๐ฎ๐๐๐ฬ๐ฌ ๐๐ญ๐จ๐ซ๐ข๐๐ฌ ๐๐ ๐ฅ๐ ๐ฌ๐๐ฆ๐๐ข๐ง๐
Elle est mon choix parce que :
- Elle a mis en lumiรจre des rรฉalitรฉs que beaucoup voulaient cacher;
- Elle a libรฉrรฉ la voix des femmes sans haine, mais avec intelligence et รฉlรฉgance;
- Elle a fait de la littรฉrature un outil de rรฉsistance et de transformation;
- Elle a montrรฉ que la femme africaine est forte, digne, rรฉflรฉchie et pleinement actrice de son destin;
- Elle a prouvรฉ que lโรฉducation est la clรฉ des changements sociaux les plus profonds.
Mariama Bรข nโa pas seulement รฉcrit des livres.
- Elle a รฉcrit lโavenir;
- Elle a รฉcrit la libertรฉ;
- Elle a รฉcrit la vรฉritรฉ des femmes africaines.












